Convocation d’assemblée générale de copropriété : délai de 21 jours, contenu et erreurs à éviter
La convocation de l’assemblée générale de copropriété n’est pas une simple invitation. C’est l’acte qui permet aux copropriétaires de délibérer valablement. Un délai oublié, un ordre du jour incomplet ou un mauvais mode d’envoi peut fragiliser les décisions votées, notamment le budget, les travaux ou la désignation du syndic.
Les règles de base à retenir avant toute assemblée générale
En principe, l’assemblée générale des copropriétaires doit être convoquée au moins une fois par an. Elle sert à approuver les comptes, voter le budget prévisionnel et prendre les décisions nécessaires à la gestion de l’immeuble.
La convocation doit être adressée à chaque copropriétaire, individuellement. Elle fixe le cadre de la réunion : les participants ne peuvent voter que sur les questions inscrites à l’ordre du jour. Une question importante absente de la convocation ne peut donc pas être ajoutée librement le jour de l’AG, sauf pour un simple échange sans vote valable.
Le délai standard est de 21 jours avant la date de l’assemblée générale, sauf urgence ou règle particulière prévue par les textes applicables. Ce délai laisse le temps d’examiner les documents, de préparer les votes, de donner mandat ou d’utiliser le vote par correspondance.
Qui peut convoquer l’AG de copropriété ?
Le syndic, acteur principal de la convocation
En principe, c’est le syndic qui convoque l’assemblée générale. Qu’il soit professionnel, bénévole ou coopératif, il doit respecter les formalités d’envoi, joindre les documents nécessaires et établir l’ordre du jour avec les questions soumises au vote.

Le conseil syndical peut demander l’inscription de sujets à l’ordre du jour. Un copropriétaire peut aussi solliciter l’ajout d’une question, à condition de le faire assez tôt et de manière exploitable, avec les projets de résolution nécessaires lorsque la décision l’exige.
En cas d’inaction du syndic
Si le syndic ne convoque pas l’AG, le président du conseil syndical ou des copropriétaires représentant au moins un quart des voix peuvent le mettre en demeure d’agir. En l’absence de réaction, notamment dans les huit jours après cette mise en demeure, d’autres mécanismes peuvent permettre de provoquer la réunion.
Lorsque la copropriété est dépourvue de syndic ou qu’un blocage empêche sa désignation, une saisine du tribunal judiciaire peut être nécessaire. Le juge peut alors désigner un administrateur provisoire ou permettre la convocation dans un cadre sécurisé.
Délais, modes d’envoi et preuve de réception
La convocation doit être notifiée dans des formes qui permettent d’en conserver la preuve. Les modes courants sont la lettre recommandée avec avis de réception, la lettre recommandée électronique lorsque les conditions sont réunies, ou la remise en main propre contre émargement ou récépissé.
| Point à vérifier | Règle pratique | Risque en cas d’erreur |
|---|---|---|
| Délai | 21 jours avant l’AG, sauf urgence | Contestation de la régularité |
| Destinataire | Chaque copropriétaire individuellement | Copropriétaire privé d’information |
| Mode d’envoi | LRAR, LRE valide ou remise contre preuve | Difficulté à prouver la notification |
| Ordre du jour | Questions précises et votables | Vote impossible ou contestable |
La logique est simple : tous les copropriétaires doivent disposer des mêmes informations au même moment. Si une ligne manque, si un document n’est pas joint ou si l’envoi ne peut pas être prouvé, la décision collective perd en sécurité. L’ordre du jour, les devis, les annexes comptables et les modalités de consultation ne sont pas des formalités secondaires, ils servent à rendre le vote compréhensible et vérifiable.
Ce que la convocation doit contenir et joindre
Les mentions indispensables
La convocation doit indiquer le lieu, la date, l’heure de l’assemblée générale et l’ordre du jour. Le lieu doit être clairement identifiable afin que chaque copropriétaire puisse participer sans ambiguïté.

L’ordre du jour doit être rédigé avec précision. Chaque résolution doit permettre un vote séparé : approbation des comptes, budget prévisionnel, travaux, désignation du syndic, mise en concurrence, autorisation d’agir en justice ou toute autre décision relevant de l’assemblée.
Les documents à annexer
Les pièces jointes varient selon les questions inscrites, mais elles sont essentielles pour permettre un vote éclairé. On retrouve notamment les documents comptables, les annexes financières, les projets de contrats, les devis de travaux, les éléments relatifs aux charges et les informations sur la consultation des pièces justificatives.
Le formulaire de vote par correspondance doit aussi être joint lorsque ce mode de vote est ouvert. Sans les bons documents, un copropriétaire peut soutenir qu’il n’a pas eu les éléments nécessaires pour se prononcer utilement.
Petites copropriétés, copropriété à deux et mandats de vote
Les règles peuvent être aménagées selon la configuration de l’immeuble. Les petites copropriétés, notamment celles comportant au maximum 5 lots ou dont le budget prévisionnel moyen est inférieur à 15 000 € sur une période de référence, bénéficient de règles de fonctionnement simplifiées pour certaines décisions.
Dans une copropriété composée de 2 copropriétaires, la logique est encore différente. Certaines décisions peuvent suivre des mécanismes adaptés à cette configuration, afin d’éviter une paralysie permanente. Cela ne signifie pas que toute formalité disparaît. Il faut distinguer les décisions courantes, les votes sensibles et la désignation du syndic.
Un copropriétaire absent peut se faire représenter par mandat. En principe, un mandataire ne peut pas recevoir plus de 3 délégations de vote, sauf si le total des voix dont il dispose ne dépasse pas les limites prévues. Certaines personnes liées au syndic ou à son entourage ne peuvent pas recevoir mandat, afin d’éviter les conflits d’intérêts.
Que faire face à une convocation irrégulière ?
Une convocation irrégulière ne doit pas être ignorée. Le premier réflexe consiste à conserver les preuves : enveloppe, accusé de réception, courriel, date de remise, ordre du jour, annexes manquantes et échanges avec le syndic. Ces éléments seront déterminants en cas de contestation.
Si l’irrégularité est détectée avant l’AG, il peut être utile d’alerter rapidement le syndic ou le conseil syndical afin de corriger la situation lorsque c’est encore possible. Si la décision a déjà été votée, la contestation relève en principe du tribunal judiciaire, dans les conditions et délais applicables aux décisions d’assemblée générale.
Le point central reste le même : la convocation doit permettre à chaque copropriétaire d’être informé, de préparer sa position et de participer à la décision collective. Plus la procédure est claire, documentée et anticipée, moins les votes de l’assemblée générale risquent d’être remis en cause.











