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Assemblée générale de copropriété : 21 jours de convocation, majorités et contestation

Assemblée et syndic Par Damien Rouault Mis à jour le 26 octobre 2026
Assemblée générale de copropriété

L’assemblée générale de copropriété est le moment où les copropriétaires prennent les décisions qui engagent l’immeuble : budget, travaux, syndic, règles communes et actions à mener. Elle se tient au moins une fois par an et suit une procédure précise, car une convocation irrégulière, un vote mal présenté ou un procès-verbal incomplet peut fragiliser la décision.

À quoi sert l’assemblée générale dans une copropriété ?

L’assemblée générale réunit les copropriétaires pour voter les résolutions inscrites à l’ordre du jour. Elle ne sert pas seulement à échanger. Elle permet au syndicat des copropriétaires de prendre des décisions qui s’imposent à tous, y compris aux absents, si les règles ont été respectées.

Les sujets traités dépendent de la vie de l’immeuble : approbation des comptes, vote du budget prévisionnel, travaux d’entretien, ravalement, changement d’un équipement collectif, désignation ou renouvellement du syndic, autorisation donnée à un copropriétaire pour certains travaux, ou modification du règlement de copropriété.

Chaque copropriétaire vote selon ses tantièmes, c’est-à-dire sa quote-part dans les parties communes. Un petit lot ne pèse donc pas autant qu’un grand appartement, sauf si la loi prévoit une règle différente. Cette répartition explique pourquoi il faut lire les résolutions avant la séance, car une majorité peut se jouer sur quelques voix.

Convocation, ordre du jour et documents : ce qui doit être prêt avant l’AG

Le syndic convoque en principe les copropriétaires

La convocation est généralement envoyée par le syndic. Elle doit parvenir aux copropriétaires au moins 21 jours avant la date de l’assemblée générale, sauf cas particulier prévu par les textes ou le règlement. Ce délai laisse le temps de consulter les documents, de préparer ses questions et, si besoin, de donner pouvoir à une autre personne.

Femme vérifiant sa boîte aux lettres dans un couloir peu éclairé avec du courrier

Le lieu de réunion se situe en général dans la ville où se trouve l’immeuble. Des modalités à distance, notamment la visioconférence ou le vote par correspondance, peuvent aussi être utilisées lorsque le cadre applicable le permet. Dans tous les cas, l’objectif reste le même : permettre à chaque copropriétaire de participer ou d’exprimer son vote.

L’ordre du jour fixe les limites du débat

L’ordre du jour doit être préparé avant l’envoi de la convocation. Il liste les résolutions soumises au vote. Une décision importante ne peut pas être valablement prise si elle n’a pas été annoncée clairement aux copropriétaires. Le conseil syndical joue souvent un rôle utile à ce stade, en signalant les sujets à inscrire et les points sensibles de gestion.

Pensez à lire la convocation comme un document de pilotage, pas comme une simple formalité. Un devis absent, une résolution trop large, un contrat renouvelé sans comparaison ou une annexe manquante peuvent annoncer une difficulté. Repérer ces éléments avant l’AG permet de demander des précisions à temps, plutôt que de découvrir en séance qu’un vote manque de clarté.

Le déroulement le jour de l’assemblée générale

Présence, pouvoirs et organisation de séance

À l’ouverture, une feuille de présence est établie et signée par les copropriétaires présents ou leurs représentants. Elle indique les voix détenues par chacun et permet de vérifier qui participe aux votes. Les copropriétaires absents peuvent se faire représenter au moyen d’un pouvoir, dans les limites prévues par les règles applicables.

L’assemblée désigne ensuite un président de séance et, si nécessaire, des scrutateurs. Leur rôle est de sécuriser le déroulé des débats, de contrôler les votes et de veiller à ce que les résultats soient correctement constatés. Cette étape est formelle, mais elle compte pour la solidité juridique de l’assemblée.

Les résolutions sont débattues puis votées une par une

Chaque résolution inscrite à l’ordre du jour est présentée, discutée puis soumise au vote. Les copropriétaires peuvent poser des questions, demander des explications sur un devis, contester l’intérêt d’une dépense ou proposer un report si l’information paraît insuffisante. En revanche, une simple discussion ne remplace pas une résolution régulièrement inscrite.

Le résultat du vote doit être clair : voix pour, voix contre, abstentions, copropriétaires opposants et défaillants. Cette précision est importante, car seuls certains copropriétaires pourront ensuite contester une décision, notamment ceux qui ont voté contre ou qui n’étaient pas représentés.

Majorités de vote : comprendre ce qui change selon la décision

Toutes les décisions ne se votent pas avec le même niveau d’exigence. Plus une mesure touche l’immeuble, les droits des copropriétaires ou les charges, plus la majorité requise est élevée. Les articles 24, 25 et 26 de la loi du 10 juillet 1965 structurent les principales règles de vote.

Groupe d’adultes en réunion levant la main pour voter devant des ordinateurs portables
Type de majorité Principe Exemples de décisions
Majorité simple Majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance Gestion courante, entretien, approbation des comptes selon les cas
Majorité absolue Majorité des voix de tous les copropriétaires Désignation du syndic, certains travaux ou autorisations individuelles
Double majorité Majorité des copropriétaires représentant au moins 2/3 des voix Décisions importantes affectant l’organisation ou certains éléments de l’immeuble
Unanimité Accord de tous les copropriétaires concernés Atteinte majeure aux droits fondamentaux d’un copropriétaire ou certaines modifications sensibles

Un exemple aide à mesurer l’enjeu : dans une copropriété comptant 100 voix, une décision à la majorité absolue nécessite 51 voix favorables, et pas seulement la majorité des présents. Si beaucoup de copropriétaires sont absents, une résolution peut donc échouer même si les personnes présentes y sont favorables.

Procès-verbal, contestation et application des décisions

Le procès-verbal fait foi après l’assemblée

Le procès-verbal de l’assemblée générale reprend les décisions votées, les résultats, les réserves éventuelles et les informations nécessaires à l’identification des opposants et défaillants. Il est signé à la fin de l’AG par les personnes compétentes, notamment le président de séance, puis transmis aux copropriétaires dans le mois qui suit l’assemblée.

Ce document doit être conservé avec soin. Il sert de référence pour engager les travaux votés, appeler les fonds, renouveler un contrat ou prouver qu’une décision a bien été adoptée. En cas de désaccord, c’est aussi lui qui déclenche le délai de recours.

Le délai de contestation est de 2 mois après l’envoi du PV

Un copropriétaire opposant ou défaillant peut contester une décision devant le tribunal judiciaire dans les 2 mois après l’envoi du procès-verbal. La contestation peut porter, par exemple, sur une irrégularité de convocation, une résolution absente de l’ordre du jour, une erreur de majorité ou une atteinte aux droits d’un copropriétaire.

Une fois ce délai expiré, les décisions peuvent en principe être appliquées, sous réserve des cas particuliers. Pour éviter les mauvaises surprises, il est recommandé de relire rapidement le PV dès réception : vérifiez les votes, les montants, les travaux approuvés et les mentions qui vous concernent.