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Location courte durée à Paris : résidence principale, 90 jours et numéro d’enregistrement

Charges et budget Par Damien Rouault Mis à jour le 26 octobre 2026
Location courte durée à Paris

À Paris, louer un logement en courte durée demande plus qu’une annonce sur Airbnb ou Booking. Il faut d’abord qualifier le bien, vérifier les autorisations utiles et respecter des obligations précises. Les règles changent selon que le logement est votre résidence principale, une résidence secondaire, un local commercial ou un bien que vous occupez comme locataire. La question est traitée à part : « Location meublée à Paris ».

Le point de départ : qualifier correctement le logement

Un meublé de tourisme est un logement meublé proposé à une clientèle de passage, pour une courte durée, sans y établir son domicile. Cette définition simple en apparence détermine la suite des démarches, la durée autorisée, le besoin d’un numéro d’enregistrement, le changement d’usage et les sanctions possibles.

Résidence principale ou secondaire : la frontière décisive

Votre résidence principale est le logement que vous occupez au moins 8 mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. À Paris, vous pouvez la louer en courte durée dans la limite de 90 jours par an. Cette règle est plus stricte que le plafond de 120 jours souvent cité au niveau national.

Si le logement n’est pas votre résidence principale, il est en général traité comme une résidence secondaire pour cette activité. Le régime devient alors beaucoup plus exigeant, car une simple déclaration ne suffit pas toujours. La Ville considère que le bien sort du parc d’habitation classique.

Ce qui est autorisé selon votre situation

Le bon réflexe consiste à partir de votre cas réel, pas de la plateforme utilisée. Le tableau ci-dessous résume les principales situations rencontrées à Paris.

Vue sur les toits de Paris à travers une grille, avec les Invalides à l’horizon
Type de bien Location possible ? Démarches principales Limite de durée
Résidence principale Oui, sous conditions Déclaration en ligne et numéro d’enregistrement 90 jours par an
Résidence secondaire Possible, mais régime strict Changement d’usage avec compensation, puis démarches associées Pas le même régime que la résidence principale
Local commercial ou artisanal Possible sous conditions Autorisation préalable et vérification de la destination Selon l’autorisation obtenue
Bureau, garage ou autre local Cas complexe Changement de destination vers l’hébergement hôtelier si nécessaire Selon l’autorisation obtenue
Logement du parc social Non Location touristique interdite Aucune

Locataire et copropriétaire : deux vérifications souvent oubliées

Si vous êtes locataire, vous devez obtenir l’accord écrit de votre bailleur avant toute sous-location. Le loyer demandé au voyageur ne peut pas dépasser celui que vous payez vous-même, au prorata de la durée louée. Dans le parc social, la location courte durée est strictement interdite.

En copropriété, relisez le règlement avant de louer. Certaines clauses peuvent interdire ou encadrer les activités touristiques, surtout lorsqu’elles entraînent des allées et venues répétées dans l’immeuble. Même lorsque la loi autorise la location, le règlement de copropriété peut bloquer le projet dans les faits. Le détail est expliqué dans « Louer en copropriété sans erreur ».

Les démarches avant de publier une annonce

Pour une résidence principale, la démarche centrale est la déclaration en ligne du meublé touristique. Elle permet d’obtenir un numéro d’enregistrement, qui doit figurer clairement sur l’annonce. Ce numéro comporte 13 chiffres et sert à contrôler le respect de la réglementation, notamment la limite annuelle de location.

Le numéro d’enregistrement n’est pas une formalité décorative

Sans numéro d’enregistrement, une annonce peut être jugée non conforme. Les plateformes demandent souvent cette information, mais la responsabilité reste celle du loueur. Il faut aussi renseigner les informations fiscales demandées et déclarer la taxe de séjour collectée lorsque la situation l’impose.

Pour visualiser la logique, imaginez une rampe d’accès : elle ne sert pas seulement à atteindre la porte, elle sécurise tout le passage. La réglementation fonctionne de la même manière. Le numéro d’enregistrement, l’accord du bailleur, le règlement de copropriété, la taxe de séjour et l’autorisation d’usage avancent ensemble. S’il en manque un, le projet devient fragile, même si le logement est bien situé, bien meublé et rentable sur le papier.

Changement d’usage et compensation pour les biens non principaux

Pour louer un logement qui n’est pas votre résidence principale, Paris exige en principe une autorisation de changement d’usage. Cette autorisation s’accompagne souvent d’une compensation, c’est-à-dire la transformation parallèle d’un local non destiné à l’habitation en logement. L’objectif est de préserver une offre de logements durables dans la capitale.

Pour un local commercial, artisanal ou un autre local comme un bureau, il faut aussi vérifier la destination juridique du bien. Un changement de destination vers l’hébergement hôtelier peut être nécessaire via les démarches d’urbanisme, notamment auprès des services compétents de la Direction de l’Urbanisme.

Contrôles, sanctions et risques réels

La Ville de Paris peut contrôler les annonces et demander des documents qui établissent l’occupation réelle du logement. Des agents assermentés peuvent intervenir pour vérifier qu’un bien loué en courte durée respecte bien les règles applicables.

Homme en costume vérifiant des documents sur un écritoire au bureau

Les montants peuvent dépasser le gain espéré

Les sanctions varient selon l’infraction : absence de déclaration, dépassement de durée, fausse déclaration, changement d’usage non autorisé ou location interdite. Les montants cités dans les régimes applicables peuvent atteindre 5 000 €, 10 000 €, 25 000 € ou 50 000 € selon les cas. Une astreinte peut aussi aller jusqu’à 1 000 € maximum par jour et par m² jusqu’à régularisation.

En cas de fausse déclaration ou de manœuvre frauduleuse, le risque peut devenir pénal, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à 1 an de prison et 80 000 € d’amende. La rentabilité d’une location touristique doit donc toujours être calculée avec le coût d’une éventuelle non-conformité.

La checklist minimale avant de louer

Avant de mettre une annonce en ligne, passez ces points en revue dans l’ordre. Cette vérification évite la plupart des erreurs courantes.

  • Déterminer si le logement est votre résidence principale occupée au moins 8 mois par an.
  • Vérifier la limite de 90 jours par an si vous louez votre résidence principale.
  • Effectuer la déclaration en ligne et obtenir le numéro d’enregistrement.
  • Afficher ce numéro sur chaque annonce publiée.
  • Lire le règlement de copropriété et vérifier les restrictions éventuelles.
  • Obtenir l’accord écrit du bailleur si vous êtes locataire.
  • Ne jamais louer un logement du parc social en courte durée.
  • Demander les autorisations nécessaires en cas de résidence secondaire ou de local non résidentiel.
  • Prévoir la déclaration de taxe de séjour et les obligations fiscales liées aux revenus perçus.

Si votre situation sort du cas simple de la résidence principale, il est préférable de vérifier les démarches auprès de la Ville de Paris ou de vous faire accompagner avant toute publication. À Paris, la conformité se prépare avant la première réservation, pas après le premier contrôle. Nous y revenons en détail : « Encadrement des loyers à Paris ».