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État daté lors d’une vente : 380 € TTC max et les 3 blocs à vérifier avant de signer

Assemblée et syndic Par Damien Rouault Mis à jour le 26 octobre 2026
État daté lors d’une vente

Dans une vente de logement en copropriété, l’état daté sécurise la transaction avant l’acte authentique. Ce document ne décrit pas le bien comme un diagnostic immobilier. Il dresse surtout la situation financière du lot vis-à-vis de la copropriété, pour que le vendeur, l’acquéreur, le syndic et le notaire sachent quelles sommes restent dues ou peuvent encore être réclamées. À lire aussi sur ce point : « Appels de fonds ».

Un document de copropriété lié à la mutation du lot

L’état daté concerne la vente d’un lot de copropriété, qu’il s’agisse d’un appartement, d’un local, d’une cave, d’un parking ou de plusieurs lots vendus par le même propriétaire. Il est établi par le syndic, puis transmis au notaire chargé de la vente. Son rôle est d’éclairer la mutation à titre onéreux, c’est-à-dire le changement de propriétaire contre paiement d’un prix.

Concrètement, le notaire s’appuie sur ce document pour organiser l’apurement des comptes entre le vendeur et le syndicat des copropriétaires. Si le vendeur doit encore des charges, des provisions ou des sommes liées à des travaux votés, ces éléments sont pris en compte au moment de la signature. L’acquéreur obtient ainsi une vision plus claire des dépenses de copropriété à venir.

Il ne faut pas le confondre avec un simple relevé de compte. L’état daté a une fonction juridique et comptable dans la vente. Il évite qu’une dette liée à la période du vendeur soit découverte trop tard, ou qu’un acquéreur ignore des charges déjà engagées. Sur ce sujet précis, voir « Charges de copropriété impayées ».

Qui le demande, qui le rédige et qui le paie ?

Le notaire sollicite, le syndic établit

Dans le parcours habituel, le notaire demande l’état daté au syndic lorsque la vente approche de sa finalisation. Le syndic extrait alors les informations comptables de la copropriété, vérifie la situation du copropriétaire vendeur et prépare le document nécessaire à la signature de l’acte authentique.

Poignée de main entre professionnels, accord sur la demande de l’état daté

Le vendeur a intérêt à anticiper cette étape, surtout si ses comptes de copropriété ne sont pas parfaitement à jour ou si des travaux ont été votés récemment. Une régularisation tardive peut créer un blocage inutile juste avant la vente définitive.

Le coût est en principe supporté par le vendeur

Les frais d’établissement de l’état daté sont généralement mis à la charge du copropriétaire vendeur, car le document est produit à l’occasion de la vente de son lot. Le montant demandé par le syndic doit respecter l’encadrement réglementaire applicable à cette prestation.

Un point pratique mérite attention : si la vente porte sur plusieurs lots dans la même copropriété, par exemple un appartement, une cave et un parking, il faut vérifier la logique de facturation. L’enjeu ne se limite pas au prix affiché. Il faut aussi vérifier qu’il n’y a pas de facturation répétée pour une même opération de vente.

Ce que contient l’état daté : les trois blocs à lire

L’état daté est structuré autour de trois grandes catégories d’informations financières. Cette présentation permet de distinguer ce qui relève du vendeur, du syndicat des copropriétaires et du futur acquéreur.

Partie du document Ce qu’elle indique Pourquoi c’est important
Sommes dues par le vendeur Charges impayées, provisions exigibles, avances, éventuelles sommes liées aux travaux Permet d’apurer les dettes avant ou lors de la vente
Sommes dues par le syndicat au vendeur Éventuel solde créditeur, avances récupérables, trop-versés Évite qu’un vendeur abandonne une créance sur la copropriété
Sommes à la charge de l’acquéreur Provisions à venir, dépenses votées, éléments prévisibles selon les comptes Aide l’acheteur à mesurer son futur effort financier

Le document peut aussi comporter des informations annexes utiles, notamment sur les procédures judiciaires en cours concernant la copropriété ou sur le montant des charges des deux derniers exercices. Ces données ne remplacent pas le règlement de copropriété ni les procès-verbaux d’assemblée générale, mais elles donnent une alerte précieuse sur la santé financière de l’immeuble.

Une bonne lecture consiste à voir l’état daté comme un dossier financier à trois temps. Le passé révèle les impayés ou les avances du vendeur. Le présent arrête les comptes au moment de la mutation. Le futur fait apparaître les provisions et dépenses qui suivront l’acquéreur. Cette lecture évite de se concentrer uniquement sur le solde immédiat, alors que le vrai sujet peut être une dépense déjà votée mais appelée plus tard.

Prix plafonné, surfacturation et points de vigilance

Le tarif de l’état daté est plafonné à 380 euros TTC. Ce plafond s’applique depuis le 1er juin 2020, à la suite du décret du 21 février 2020. Si un syndic facture un montant supérieur pour l’établissement de l’état daté, le vendeur peut demander des explications et contester la partie qui dépasse le plafond.

Femme utilisant une calculatrice et vérifiant des factures chez elle

Les pratiques tarifaires ont longtemps été très variables. L’Institut national de la consommation a relevé, dans une étude publiée le 25/06/2021, 155 réponses, dont 57 en Île-de-France et 98 pour le reste de la France. Avant le plafonnement, certains montants observés allaient de 0 € à 1260 €, avec des niveaux moyens pouvant dépasser 598,26 € selon les situations analysées. Ces chiffres expliquent pourquoi l’encadrement du prix est devenu un sujet central pour les vendeurs.

Il faut aussi distinguer le prix de l’état daté des autres frais éventuellement prévus au contrat de syndic. Le vendeur peut relire le contrat, demander le détail de la facture et vérifier que la prestation correspond bien à l’établissement du document obligatoire, sans doublon injustifié.

État daté et pré-état daté : ne pas mélanger les deux

Deux moments différents dans la vente

Le pré-état daté intervient plus tôt, souvent au stade du compromis ou de la promesse de vente. Il sert à fournir à l’acquéreur des informations financières précontractuelles sur la copropriété. En pratique, une partie de ces informations peut être récupérée par le vendeur via les documents déjà disponibles, notamment l’extranet de copropriété lorsqu’il existe.

L’état daté, lui, intervient plus près de la vente définitive et répond à une logique d’arrêté des comptes pour la mutation. Il est établi par le syndic et transmis au notaire pour sécuriser l’acte authentique.

Un statut légal différent

La différence majeure tient au statut juridique. L’état daté est le document attendu lors de la vente d’un lot en copropriété. Le pré-état daté, en revanche, n’est pas prévu par la loi comme un document autonome obligatoire établi par le syndic. Cela ne veut pas dire que les informations préalables sont inutiles, mais leur facturation séparée doit être examinée avec prudence.

Pour vendre sereinement, le bon réflexe consiste à réunir tôt les procès-verbaux d’assemblée générale, les appels de charges, le règlement de copropriété et les informations disponibles en ligne, puis à vérifier attentivement l’état daté lorsqu’il arrive chez le notaire. C’est souvent à ce moment que se clarifient les derniers ajustements financiers entre vendeur et acquéreur.